« Je t’aime moi non plus »
Quand le recrutement est avant tout une histoire d’Amour (3/3)

Publié le Publié dans Conseils et Coaching

Nous avions quitté notre candidate sur son entretien final (voir l’article 2 de cette série). Elle venait de passer tout le processus de recrutement et était en attente d’une réponse. Le process se passait bien mais au fur et à mesure que les jours avançaient, sa décision devenait de plus en plus en floue…

 

TROISIEME PARTIE : LE CLAP DE FIN

La réponse définitive,

Une quinzaine de jours passa sans nouvelle de F.E. Je me trouvai à la fois rassurée et quelque peu déçue…Rassurée car “le destin avait choisi pour moi ”et déçue car je me serais sûrement bien vue y travailler. Ce paradoxe est, d’après ce que j’ai compris en échangeant avec une amie chasseuse de tête, assez constant. Cela représente exactement le paradoxe qui anime l’être humain : la peur du changement et à la fois l’aversion pour la routine. On oscille constamment entre le présent et le futur : nous empêchant de vivre l’instant présent. Et aujourd’hui je ne sais pas si j’ai envie de quitter tout ce que j’ai construit ou alors me lancer, prendre un risque, pardon, saisir une opportunité (comme l’a gentiment corrigée mon amie).

Le résultat des courses est que je me retrouve bloquée, n’arrivant à me projeter ni avec l’un ni avec l’autre.

[Deux jours plus tard]

ENFIN – J’ai eu ENFIN l’appel de F.E. J’AI REÇU UNE OFFRE !

Ce fut une excellente nouvelle !! Qui plus est je me suis sentie extrêmement chanceuse car ils firent une offre dans la fourchette que je leur avais donnée (je l’admets, j’aurais préféré qu’ils prennent la fourchette haute mais bon, les évaluations sont en décembre et mon salaire, si tout se passe bien, sera augmenté).

Ils me laissèrent 48 heures pour répondre… 48h pour décider de mon avenir…c’est court.

H-36 : J’ai quitté la courbe émotionnelle et revins dans la rationalité.  Je pensais être sûre de mes décisions mais maintenant que j’étais “dans le vrai”, les choses me semblaient quelque peu différentes. La seule solution que j’eusse à ce stade fut de faire un tableau en pesant le pour et le contre de chaque société. Jouer ma vie professionnelle sur un tableau, si on m’avait dit il y a quelques temps que j’en viendrais à faire ça, je ne l’aurais jamais cru.

H-24 : La décision était officiellement prise, même si j’ai douté (pour la forme dirons-nous). La nuit porta conseil et il ne fallait absolument pas regarder en arrière. Une nouvelle opportunité était une chance inouïe de, non pas recommencer, mais de continuer mon projet professionnel.

H-0 : Il était temps d’annoncer à F.E mon choix…Ce fut un moment important et j’eus la réelle sensation de détenir l’avenir de mon futur professionnel entre mes mains. Les choses étaient arrivées si vite, et de manière si inattendue.

 

L’annonce de la rupture,

En attendant mon point avec mon responsable, je réfléchissais. Il fallait bien l’annoncer à mon entreprise actuelle. Le recrutement est comme une relation sentimentale et les sensations que j’éprouvais à cet instant furent comparables à celles ressenties lors de l’annonce d’une rupture : un mélange d’angoisse, ajouté à des nœuds au ventre, des tas de pensées qui fusent et une incertitude : celle de la réaction d’E.A. Je savais pourquoi je partais, je savais que F.E m’offrait du renouveau, de nouvelles missions, un futur meilleur et un dynamisme professionnel que j’avais perdu avec le temps.

Mon chef souhait me retenir et me promettait de s’aligner sur le salaire en me proposant un scope de missions plus large. Tout comme dans les relations sentimentales, il connaissait ma sensibilité et mes points faibles. En utilisant un discours proche des relations sentimentales avec des mots aussi forts que « je suis triste », « tu me déçois », « je nous voyais aller loin ensemble », il tenta de me déstabiliser en m’impliquant de manière inconsciente affectivement. Ce ne fut pas facile, mais heureusement, j’avais été prévenue. Dans 9 cas sur 10 une personne ayant accepté la contre-offre démissionne dans les 6 mois à venir.

Le moment où je compris qu’on était dans de l’implication affective totale, fut quand il me dit : « les choses vont changer, je te promets ». Cette phrase me fit échos comme celle d’un ex tentant de se raccrocher à une relation où l’issue est déjà connue « je vais changer c’est promis ». Cette implication affective peut mener de manière plus poussée au burnout, donc méfiance ! Ne jamais oublier que l’entreprise est une entité économique et qu’un jour, si elle avait besoin de licencier, elle se montrerait beaucoup moins sentimentale à notre égard.

L’entretien se clôt avec une ultime tentative de la part de mon manager. Ce n’était pas un risque que je prenais (je ne partais pas élever des lamas en pleine pampa sud-américaine) mais c’était l’opportunité de m’améliorer professionnellement, d’accroître ma visibilité professionnelle et de connaître un nouvel univers.

Hâte de découvrir la suite, mais avant il fallait effectuer mes 3 mois de préavis durant lesquels je savais pertinemment que mon entreprise actuelle essaierait encore de me retenir… jusqu’au jour où ils trouveraient mon remplaçant.

 

LES CONSEILS DE MARGAUX (Consultante Senior en Recrutement)

Une démarche de recrutement est une procédure qui implique des humains ayant chacun leurs humeurs, leurs envies professionnelles et leurs histoires. Au cours des différentes étapes de ce process, vous allez rencontrer plusieurs interlocuteurs que ce soit des cabinets, des responsables RH, des managers, des futurs collègues, etc.

Gardez toujours une seule et unique question en tête : « si demain ils me font une offre, est-ce que je l’accepte ? ».

Il ne faut jamais prendre de décision à chaud ; je vous invite donc à répondre cette question, et vous verrez dans quel état vous êtes :

Oui -> Parfait, continuez dans cette voie.

Non -> Pourquoi ?

Oui mais -> Qu’est-ce qui vous fait hésiter ? Est-ce le salaire ? La localisation ? Les missions ? Le feeling ?

Creusez pour comprendre le pourquoi, et surtout n’oubliez pas de communiquer sur votre ressenti ; plus vous serez ouvert et honnête, et plus la relation n’en sera que plus saine.

Comme expliqué dans l’article, l’implication affective est présente tout au long de nos vies en entreprise ; que ce soit dès la recherche d’emploi ou à la démission. Ne pas oublier que vous construisez votre carrière pour vous et non pour votre manager ou votre entourage, en prenant du recul vous éviterez entre autres des risques psychosociaux telle que l’anxiété et le surmenage, et vous gérerez mieux votre stress.

Si vous souhaitez en savoir plus et recevoir des conseils personnalisés sur par exemple « comment réussir un entretien » ou « faire son bilan professionnel » l’équipe d’Entr’elles London et moi-même restons à votre disposition, donc n’hésitez pas à nous contacter.

On attend aussi vos retours d’expérience avec grand plaisir dans la partie commentaire.

 

– Entr’elles London –

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